Enseignement à la Sapinière 9-3-97

Les monologues ou délires de Robert Spatz alias Lama Kunzang était nommé des “enseignements” que les adeptes écoutaient à partir d’un Temple mais aussi de la Villa de ce dernier, suivi par une fête “sans limites” – il faut évidemment connaître un minimum le Bouddhisme Tibétain et s’habituer au jargon du sieur Spatz pour comprendre le délire total de ce qui est prononcé ici devant l’ensemble de la communauté OKC de Bruxelles.

ENSEIGNEMENT DE LAMA KUNZANG

1er jour du 2ème mois du Buffle de Feu

SAPINIERE

DIMANCHE 09/03/1997

CASSETTE I

Fils et filles, je suis très satisfait d’être quelques heures ensemble pour que
je puisse vous parler et vous pouvez éventuellement m’écouter. Vous savez
qu’ arrivés à un certain niveau de vue, de ce qu’est le Dharma et puis de ce
que sont différentes pratiques, différentes présentes au niveau du Dharma, la
vie bien sûr est extrêmement simple. Cependant très peu d’entre vous, très
peu d’entre nous ont atteint cette simplicité. La respiration, c’est simple
normalement.

Mais très peu d’êtres respirent correctement. Si on observe la
façon dont quelqu’un respire, on peut déjà obtenir de très nombreuses
informations sur son comportement, particulièrement au niveau psychique;
sur la légèreté, la luminosité, ou au contraire la lourdeur et l’opacité de ses
pensées. C’est la raison pour laquelle les pratiques de base dans toutes les
écoles, du Bouddhisme et d’autres religions aussi d’ailleurs, mettent un
accent très particulier sur la respiration. Dans ce monde actuellement, c’est
très difficile de respirer. Comme je vous l’ai déjà dit, dans les endroits parmi
les plus merveilleux de la planète, où on peut se rapprocher particulièrement
par exemple du Grand Stupa de Jarung Kashor au Népal, c’est très difficile
de respirer.

Alors c’est paradoxal parce qu’on se trouve dans un endroit tout-
à-fait extraordinaire, béni directement par Guru Rinpoche, et puis on vit là et
on a mal quand on respire tellement l’air est pollué. Beaucoup d’endroits qui
ont vu il y a des années, des siècles, de très Grands Maîtres s’y arrêter, pour
y vivre le Dharma profondément; aujourd’hui ces endroits sont très pollués.
Le Tibet tout entier, merveilleux qu’il était, est envahi par les petits hommes
verts. Le Népal, le Bhoutan et tous les pays qui ont reçu la visite des plus
Grands Yogis, des plus Grandes Yoginis, sont aujourd’hui en grande
difficulté.

Puisque c’est dans ces pays que le Dharma le plus précieux est
né, et si même il n’y est pas vraiment né, bien qu’on puisse dire qu’il y soit né
à un certain moment parce qu’il n’y était pas vraiment avant, mais si même le
Dharma y a été pratiqué depuis quelques siècles, on a vu en très peu de
temps, toutes ces merveilles s’abîmer, se détruire. Parallèlement, les plus
âgés d’entre vous, enfin vous êtes peu nombreux mais, les plus âgés d’entre
vous, essayez de vous rappeler les années cinquante.

Si vous avez un âge déjà adéquat pour vous rappeler des évènements politiques et tout çe qui se passait dans le monde, par exemple je me rappelle avoir parlé avec mon
père de l’invasion du Tibet par les Chinois. J’avais 14, 15 ans et je me
rappelle ça très très bien d’ailleurs.

Ça m’avait très fortement choqué et pourcause, aujourd’hui on comprend pourquoi. Et nous en avions parlé longuement. Le peu d’informations qu’on pouvait en avoir à cette époque.

Donc il faut réfléchir et se dire : si nous vivons dans une époque où les
joyaux les plus précieux sont foulés aux pieds, sont détruits, où les Maîtres
les plus Précieux ont été assassinés. Quelques-uns d’entre eux au prix de
leur santé on pu venir près de nous pour nous enseigner. Mais ils sont
souvent déjà partis à leur tour. De regarder toutes ces misères, je vous dis
souvent, c’est une occasion pour nous, unique, de profiter de la souffrance
de nos Maîtres parce que si nos Maîtres ont tellement vécu de souffrances,
ils ne l’ont bien sûr vécu que pour nous. En fait c’est notre héritage, leurs
souffrances, leurs difficultés, l’incompréhension dont ils étaient entourés. Je
suis persuadé que c’est tout-à-fait légitime, tout-à-fait juste mais très peu
d’entre nous sont conscients de ce qui se vivait vraiment au Tibet. Vous
avez bien sûr une vue très limitée. Vous avez entendu, vous avez lu, mais
on ne peut pas vraiment comprendre, ne fut-ce que comprendre ce qui était
vécu au Tibet en certains lieux quand les monastères de Shechen, de
Mindroling, tous nos monastères, tous les monastères : 6 mille ont été
détruits. Ce que les Maîtres vivaient dans les ermitages pendant des
années, ceux qui ont eu l’opportunité déjà de regarder ce livre éblouissant
ont pu peut-être, un peu plus que d’habitude, se rapprocher de ce qui était
vécu au Tibet. Ceux d’entre nous qui ont eu l’opportunité de lire des
Namtars, des biographies de Milarepa, de Yeshé Tsogyal, de Guru Rinpoche,
de Lama Shabkar, de Marpa, de Naropa et d’autres et beaucoup d’autres.
Peut-être si on a lu ça un peu comme on regarde un film, si on se contente
de lire pour lire d’une façon assez intellectuelle, je ne crois pas qu’on puisse
comprendre quelque chose. Mais si quand on lit un Namtar, on voit un écran
devant nous comme un écran de cinéma ou bien encore mieux comme un
hologramme, en toutes dimensions devant nous, dans la place, et puis on
voit ce qu’on lit. Si on parle dans le Namtar de, par exemple, Lama Shabkar
à Tsoning, je vous ai déjà expliqué qui était gelé à peine quelques jours par
an et ce qui permettait de passer à pieds parce que par respect on ne
pouvait pas utiliser de barque, par respect pour les Nagas, pour les Nagis et
pour beaucoup de raisons connues ou inconnues et donc on profitait que
l’eau soit gelée pour passer. Puis quand l’eau dégelait on y était pour un an.
On savait qu’on traversait et qu’on allait rester là un an. Ce sont sans doute
parmi les plus profondes expériences que Lama Shabkar et quelques frères
et quelques soeurs ont vécues. Quand on regarde cela comme si c’était une
émission de télévision, un film, il se passe en nous alors quelque chose de
très intéressant. C’est que ce n’est pas seulement une compréhension de ce
que vit Guru Rinpoche ou Lama Shabkar ou Longchenpa ou Jigmé
Lingpa,mais on y est. En fait, c’est comme un souvenir. Alors on pourrait se
dire : mais aurais-je été à Tsoning ? En lisant ça on voit des images, des
images et des images. Des sons, des parfums, des saveurs, des choses

que l’on touche, la fraîcheur de l’eau, des pensées, des pensées profondes,
des pensées de coeur, des conseils de coeur qui diffusent dans notre coeur.
On se dit : sans doute j’ai dû aller à Tsoning. Puis on continue à tourner les
pages du livre et on dit : Ah Kailash, oui l’affaire est claire, sans doute j’ai
donc aussi été à Kailash. Et puis après dix, quinze ou vingt ans, on lit des
livres, on remarque que tout ce qu’on a lu, on était partout. Et
paradoxalement pour certains esprits peut-être un peu plus étroits ou
relativés dans la mauvaise forme, si on prend des livres d’histoire des
Indiens d’Amérique du Nord, on dit : tiens, et bien je connais, je vois, je
connais, c’est bien. Les histoires chinoises on les connaît aussi, les histoires
japonaises on les connaît aussi. On pourrait finir par se demander, mais
c’est pas possible, chaque fois qu’on lit quelque chose, ou qu’on entend
parler d’un évènement à caractère utile, à caractère donc non-égoïste et
non-émotionnel, non-conceptuel, on connaît. Alors on peut contempler, on
se dit : mais comment se fait-il que peut être on pouvait être là mais ça ne
suffirait pas encore pour se rappeler avec autant d’acuité, pour voir les
images avec autant de précision et la réponse pour nous bouddhistes
Nyingmapa, en fait est très simple. C’est que malgré tout ce que l’on peut
imaginer, malgré la vision de tous nos défauts, de toutes nos faiblesses, de
toutes nos folies, et elles sont en ces temps difficiles, lourdes et nombreuses.
Malgré la vision de toutes nos maladies, de toutes nos maladresses, ceci va
commencer par mal, il y a quand même une nouvelle, il y a quand même un
élément de merveille. Une très bonne nouvelle comme on peut dire, c’est
que nous avons tous la Nature de Bouddha, c’est que nous sommes tous
des Bouddhas. Nous avons tous cette bonté, cette présence de la
Bouddhéité dans notre esprit. Je dirais même que c’est vraiment la nature
de notre esprit. La véritable nature de notre esprit est toute merveille, toute
bonté, toute simplicité, toute bouddhéité, tout Eveil. Cela s’appelle Rigpa.
On n’essaye pas vraiment de qualifier Rigpa. Au plus on le qualifie, au plus
on lui enlève de l’énergie. Normalement on devrait juste dire Rigpa. Il n’y a
rien à ajouter. Celui qui a vécu, qui a rencontré Rigpa, n’a pas besoin
d’entendre des qualificatifs. Et celui qui ne l’a pas rencontré, ne pourra rien
faire avec les qualificatifs. Ça pourra toucher ses orteils, ses cheveux, ses
oreilles, à peine les effleurer, mais il n’en fera rien. C’est pour cela que les
discours sont souvent vains et inutiles. Tellement inutiles que parfois des
Lamas se retirent pendant vingt ou trente ans en disant : à quoi bon se
montrer et expliquer. A quoi bon expliquer l’inexplicable, le non-exprimable,
le non-né. C’est vrai que ça paraît étonnant de vouloir l’expliquer. En plus,
quand des êtres sont doués, des êtres doués de sensibilité, des êtres
vivants, normalement ils devraient pénétrer tout cela. Mais ils sont tellement
tordus par leurs émotions et leurs concepts, qu’ils n’expérimentent pas cela.
Ce qui fait que lorsqu’on ne peut pas l’expérimenter parce qu’on est
tellement distrait, tellement absent, absent c’est la maladie du siècle ça,

l’absentéisme des siècles. Tellement absent à se partager avec tous les
êtres, avec nos frères, nos soeurs, dans le Sangha, à vivre avec nos frères
et soeurs dans le Sangha. Il y a tellement de séparation. J’aime bien
Lisbonne où la maison est minuscule et on vit là dedans à je ne sais
combien. A Lisbonne, j’ai dix voisins sur mon palier. Nous sommes à douze
personnes sur le même palier qui est la moitié de la largeur d’ici peut-être.
C’est bien. C’est très difficile l’absentéisme dans de telles conditions. C’est
une aide à nos maladies, nos folies, le mot n’est pas trop faible. Nos folies,
notre folie, parfois furieuse.

Hello Mr Richard ! How are you today ?
Thank you.
Please sit down.
Near Samantha perhaps ?
Tu peux t’asseoir près de Samantha peut-être, non ?
Tu es en plein soleil là, tu vas transpirer.
Voilà, voilà, superbe.
Tu ne te rappelles pas où j’en étais puisque que tu es arrivé, tu n’as pas
entendu.

Où est-ce que j’en étais au fait ?
James ?
– Absentéisme.

Ah oui absolument. Très peu à Lisbonne. Très difficile d’être absent à
Lisbonne. La toiture est pointue, il n’y a pas d’espace. Ils sont piégés.
Lisbonne c’est une souricière. J’ai déjà entendu parler de ça, de chats et de
souris. C’est une souricière Lisbonne. Et ça se passe très bien.
Evidemment ça demande une certaine attitude pour que ça ne ressemble
pas à une souricière. Parce qu’entre la souricière et le centre du Dharma, ce
n’est qu’une vue de l’esprit, ça dépend de notre état d’âme, notre état de
coeur, notre état d’esprit, notre état de conscience plutôt. Je préfère en
français le mot conscience. Il y a huit consciences.dans le bouddhisme. Et
en tous cas deux de ces huit consciences peuvent accumuler beaucoup de
karma négatif.ou de bon karma. Alors lorsqu’on parle de nos consciences,
c’est plus proche de la réalité. Pour qu’on se comprenne bien, quand je
parle de l’esprit, j’ai beaucoup plus souvent tendance à penser à notre
véritable esprit, c’est-à-dire l’esprit qui ne peut pas être touché.par la folie, la
nôtre ou celle des autres c’est pareil. C’est toujours la même folie de toute
façon. Notre esprit je le compare davantage, je le vois comme Rigpa,
comme un Dorje invulnérable, intouchable qui prend toutes ses énergies par
ses pointes, qui a son centre, toutes les forces de l’univers : un Dorje, une
arme terrible à n’utiliser qu’avec modération.comme Amrita. En fait c’est très

très difficile comme je vous disais si on ne voit pas les images. La première
fois dans cette incarnation que j’ai pris conscience de cela, Ogyen Kunzang
Chöling existait déjà. Ça devait être les débuts de Nyima Dzong, il y a vingt
ans environ. Peut-être moins, peut-être même les années 80, début des
années 80. J’ai pris -conscience que pour les êtres, ils avaient vraiment
beaucoup plus difficile que je ne le pensais. C’est-à-dire qu’ils n’étaient pas
très aidés de naissance. Ça me faisait penser à l’histoire du Roi Pêcheur,
l’histoire du Graal, lorsque l’homme n’a pas la vue de la réalité, une vue
intégrale de la réalité, il peut lui arriver n’importe quoi. Et lorsqu’il bouge,
lorsqu’il donne du mouvement à son corps, à sa parole, à son esprit en
fonction de sa maladie et de ses folies, plutôt qu’en fonction de son coeur
libre, il se crée une blessure comme le coup de lance qu’avait reçu le roi.
Normalement, la lance n’aurait pas dû l’effleurer, n’aurait pas dû laisser la
moindre griffe. Mais comme il avait eu des pensées soufflées par Mara
plutôt que par Guru Rinpoche, la blessure ne guérissait pas. Dans les
années 80, je me rappelle, 70 ou 80, je ne sais plus. Je me rappelle que j’ai
vu ici des êtres d’Ogyen Kunzang Chöling aussi quand j’étais au Rinchen
Terzö à Deraden, enfin c’était 79. Ça c’est précis. J’ai vu beaucoup,
beaucoup de monde, beaucoup beaucoup d’êtres, des tibétains, des
occidentaux, des indiens, toutes sortes d’êtres et j’ai eu beaucoup de temps,
j’étais assis aux pieds de Sa Sainteté Khyentsé Rinpoche. On était bien, on
avait tout le temps, on n’avait rien à faire. On était là. Ça durait beaucoup
de temps aussi. On restait des quinze, seize heures par jour dans le temple.
C’était bien et puis j’avais tous les êtres devant moi comme cela, comme
vous êtes là parce que Sa Sainteté était là. J’étais assi comme ça, Sa
Sainteté était là et puis toute la salle était comme cela, énorme, dix foix plus
grand qu’ici, très grand. Et pendant des mois j’ai regardé aux pieds de Sa
Sainteté, tout en recevant les transmissions du Rinchen Terzö. Il y avait six
cents sadhanas. Tout en recevant toutes les sadhanas, je regardais et là
quelles que soient toutes nationalités et toutes races confondues, bien sûr, a
émergé la blessure et j’ai vu la grande majorité des êtres présents,
blessés.comme une biche qui a reçu une flèche dans la poitrine. La flèche
est tombée, elle s’est cassée, le corps a rejeté le métal, on aurait pu croire
qu’on allait guérir. Mais non. La flèche s’est cassée, la lance s’est cassée,
le métal a été éjecté parce qu’on est programmé pour éjecter tout ce qui
n’est pas à nous, mais la blessure ne se referme pas, la blessure ne se
referme jamais. On pourrait mettre le doigt dedans comme ça et le sortir
plein de pus et de sang et de liquides étranges de toutes les couleurs. Et en
plus quand on met le doigt dans cette blessure, l’être blessé a très mal, il
souffre très très fort. Et pourtant je ne crois pas que l’on puisse atteindre le
Dzog Chen qui est quand même, je ne dirais pas notre but, parce que si on
parle de but et de Dzog Chen, les vocabulaires ne s’apprécient pas mais je
dirais que c’est notre réalité, la réalité de notre esprit, comment s’exprime la

réalité de notre esprit. Ainsi, on se rend compte que cette blessure est un
empêchement terrifiant. Non seulement terrifiant et puis aussi, il y a un
malentendu, un grand malentendu qui avec le temps peut s’installer entre un
élève et le Lama, entre les élèves et les Lamas, et particulièrement en
Occident où on croit qu’il a suffi de dire un jour qu’on prend Refuge, qu’on
veut vraiment sauver les êtres, ça nous intéresse beaucoup les autres. Et
puis le temps passe et on croit que comme ça il a suffi de dire : je prends
Refuge dans le Bouddha, le Dharma et le Sangha et que les Refuges feront
tout. Alors on dit : je prends Refuges et puis on vit comme nos parents ou à
peu près, par habitude. On s’écarte, on laisse l’absentéisme prendre la force
jusqu’à la déchirure. Ça commence par l’absence, ça se continue par la
déchirure jusqu’à ce que mort s’ensuive. Alors on essaie de s’inventer des
alibis, des histoires positives. En fait on essaie d’oublier la blessure. On
essaie de faire comme si elle n’existait pas. Mais ce n’est pas possible.
Alors les années passent, blessures ? Non, tout va bien. On essaie chacun
de se trouver son petit coin pour vivre avec ses petites habitudes, ses petites
manies, ses petits plaisirs, ses petits paniers cadeaux. Et la blessure ne
guérit pas. Aucune homéopathie au monde, aucune acupuncture au monde
ne pourra la guérir. Aucun Bouddha de Médecine ne pourrait la guérir, seul.
Qu’est-ce qui peut la guérir, cette blessure qui nous fait souffrir et fait souffrir
les autres, cette blessure qui nous rend fous de douleur. Même si elles sont
inventées les douleurs, ça rend fou. Alors cette folie on n’y croit pas
évidemment. Je me rappelle en 1969, j’avais dis un jour à un pauvre
luxembourgeois schizophrène qu’il était malade, il ne m’a plus jamais
adressé la parole. Les êtres n’aiment pas qu’on leur montre cette blessure.
En fait cette blessure est devenue, surtout dans ces mondes hypocrites, et
mensongers, c’est comme une maladie honteuse. On essaie de la cacher.
On n’en parle pas. On devient un peu comme ces gens là. On n’en parle
pas. On la cache, on la dissimule, on l’hypocrisie, on la rend mensonge.
Mais jamais elle ne peut partir dans ces conditions. Alors même lorsque le
Lama montre la blessure du doigt, la douleur est tellement intense, qu’il n’y a
que mauvaises réactions. C’est difficile de dire les choses aux êtres. Ils
sont tellement certains d’avoir raison. Leur égo est tellement bien constitué,
c’est le seul qui est en bonne santé en fait dans toute cette histoire. C’est
très difficile. Alors parfois on ne dit rien. On laisse le temps passer. C’est
vrai que les seules fois dans cette incarnation où j’ai vraiment essayé de faire
gagner du temps à des êtres, en leur disant vraiment ce que je voyais, ils ont
disparu. Non seulement disparus, mais ils sont devenus des ennemis.
Même si c’est toujours le même amour ou la même indifférence, même si à
des niveaux profonds il n’y a aucune différence, à des niveaux relatifs que
nous vivons, il y a une accumulation karmique terrible. Evidemment on croit
qu’il n’y a que les autres qui meurent. On ne pense pas trop à sa mort. Mais
après avoir accumulé autant de karma, de folie, de négativité et

d’absentéisme, qu’est-ce qui va se passer au moment de mourir ? Alors là
ça va gueuler au secours. La folie arrivera à son paroxysme. La bouche
ouverte, le souffle court, accroché aux draps ou à n’importe quoi, à quelqu’un
d’autre peut-être, comme si on voulait lui arracher la vie pour pouvoir rester
vivant. On s’accroche mais Shinje a l’habitude. Shinje connaît ça depuis
toujours. Il connaît la musique et les paroles aussi. Ce qui fait qu’on ne peut
rien. C’est vraiment tard.Monsieur. Dans tout le bouddhisme tibétain, tous
nos textes de base qui sont sortis du coeur de nos Précieux Maîtres, sont
unanimes sur tout ce que je viens de vous dire. Amrita, boire Amrita que l’on
reçoit directement du Kapala que tient Yeshé Tsogyal dans les mains, la
blessure guérit instantanément. Je dirais même, vous commencez à boire,
vous n’avez pas encore fini de boire, qu’elle a disparu. Vous ne voyez plus
rien. Vous cherchez les trous, il n’y en a plus. Vous n’avez même pas le
temps de finir de boire. Parfois c’est tellement fort, c’est tellement vrai, ce
qui est rare dans notre vie, les choses vraies. C’est tellement vrai que vous
commencez à peine à boire et non seulement on pourrait dire que la
blessure n’est plus là mais vous avez même complètement oublié qu’il y en
avait une. En fait vous avez l’impression qu’il n’y en a jamais eu. Et pourtant
vous pouviez vraiment mettre le doigt dedans. Etonnant. C’est pour ça que
c’est bien de lire la vie de nos Précieux Maîtres. Parce que si on ne fait que
contempler le samsara avec une vue illusoire du samsara, où voulez-vous
aller ? Je crois que justement quand on contemple le samsara selon sa vue
illusoire, on croit qu’on peut aller quelque part. Alors on prend des billets
d’avion pour aller au Tibet, pour aller partout dans le monde, faire des
stages, se reposer, dégénérer d’une façon ou d’une autre. On doit toujours
aller autre part, bouger. En fait l’essentialité du voyage c’est l’immobilité
même s’il faut parfois voyager un peu avant de s’immobiliser. Tant qu’on n’a
pas rencontré nos Lamas, et bien il faut se débrouiller comme on peut. On a
envie de ceci, on le fait ou on ne le fait pas, ça dépend de nos possibilités.
Mais lorsqu’on a rencontré nos Lamas, là il y a un phénomène étonnant,
c’est que les êtres continuent à agir comme s’ils ne l’avaient pas rencontré.
Ou bien peut-être juste par politesse, juste pour rester en bons termes, on ne
sait jamais. C’est un peu comme les êtres qui s’inscrivent à cinq, six
religions à la fois pour être sûrs qu’il y en aura bien une qui marche au
moment de mourir. Useless. Pas efficace. C’est nier à tout prix la magie de
l’univers. Non seulement la nier mais lui manquer de respect, la rejeter, la
griffer, tenter de la griffer. Non tout cela est absurde et pourtant, pourtant
tout pourrait être très merveilleux, vraiment très merveilleux. C’est juste cette
fichue blessure qui vous empêche d’être présents et vous ne voulez pas
prendre vos remèdes en plus. Le Dharma est le remède le plus puissant de
tous les mondes. Souvent vous ne voulez pas le prendre. C’est pour cela
que j’ai beaucoup de joie à vous entendre chanter le mantra de cent syllabes
pendant une heure avant de venir, parce que là vraiment vous êtes aussi

piégés. Quand vous êtes enfermés là, vous ne pouvez plus rien faire d’autre
que de chanter. Et même si vos pensées vagabondent encore dans vos
folies, au moins vous êtes déjà quand même présents. C’est étonnant que
ce soit si difficile d’être motivés, vraiment motivés pour vivre le Dharma. Et
pour les jeunes surtout. Je remarque cette nouvelle génération qui pourtant
a tand d’espoir en elle. C’est très très difficile. Ils sont si distraits, si
absents, on dirait qu’ils attendent quelques pillules d’extasy ou quelque
chose pour changer leur vie, pour se faire craquer le coeur, le faire exploser
à 180 battements à la minute, en essayant de rejoindre quelques rythmes
malades inventés par des suicidaires. Quand je regarde un peu cette soit-
disant musique, j’en parlais encore avec Samantha ce midi. Heureusement,
elle n’aime pas.et ses amis non plus. Mais cette musique qu’on appelle
techno, n’est-ce pas. On a toujours l’impression d’être devant un petit jeu de
computer avec des petits martiens qui courent comme ça à toute vitesse
avec des toutes petites jambes comme ça. C’est vraiment une musique de ,
enfin bref. C’est vraiment Sarma Lux. Quand on voit cela. Vous savez que
l’extasy qui fonctionne avec la musique, c’est une vieille histoire. Nos
médecins doivent savoir ça très bien.

FACE B – petite coupure

maigrir. Alors des médecins, ça existe depuis longtemps, les femmes un
petit peu cinglées, et les médecins avaient donc proposé ce remède qui ne
s’appelait pas du tout extasy bien sûr, à ces femmes qui voulaient maigrir.
Evidemment, il y avait des effets secondaires et peut-être elles maigrissaient
parce qu’avec le coeur qui pompait à 180 battements, ça finissait par faire
maigrir peut-être un petit peu, juste avant de mourir. On a donc arrêté le
remède, assez vite d’ailleurs et on l’a relegué aux oubliettes comme quelque
chose avec des effets secondaires dangereux. Et puis il y a très peu de
temps, quelques êtres très savants, jeunes et suicidaires ou bien plus vieux
et très malins et voulant remplir des comptes en banque dans des pays des
paradis fiscaux, et ils ont ressorti la fameuse pillule, très jolie, de toutes les
couleurs, très mignonne comme ça. A la mode, et la musique, cette
musique, enfin je ne veux pas appeler ça de la musique. Disons cette arme
suicidaire, utilise aussi 180 battements c’est-à-dire que le rythme, le
compass, que le rythme du techno, est souvent autour de 180 battements.
Alors quand on prend les petites pillules, le coeur se met à battre aussi à 180
et on se trouve en harmonie avec la précieuse musique. C’est terrifiant
comme histoire. Ce qui est encore plus terrifiant, si on pouvait voir les effets
que cela produit au niveau des nadis. Là je ne vous en parlerai pas, parce
que c’est vraiment le cauchemar et je n’ai pas envie de vous empêcher de
dormir cette nuit. Sur les nadis n’en parlons pas, c’est trop et puis sur le
coeur, disons que tous ces braves danseurs de techno, dans les dix ans qui

viennent, compteront leurs infarctus sur les doigts d’une seule main jusqu’à
ce qu’ils s’en aillent. Vous demanderez à notre spécialiste cardiologue, si
quand le coeur bat à 180 souvent, ce que ça peut donner comme résultat.
Et puis en plus dans toutes ces ambiances merveilleuses, dans tous ces
endroits de suicide de cette sublime génération perdue, il se trouve aussi le
tabac en grande quantité, l’alcool mélangé aux remèdes qui prend alors des
effets tout-à-fait différents. Alors que déjà quand c’est pas bien dosé, les
effets vous les connaissez. Et puis l’ambiance, cette ambiance robotique,
cette ambiance artificielle. Vous avez vos tympans qui sont défoncés par
des milliers de watts, vos tripes qui sont arrachées par les mêmes baffles
colossaux. Essayez de me trouver quelque chose de bien là-dedans.
Qu’est-ce qui est intéressant dans un tel lieu ? Alors on dit: : mais qu’est-ce
qu’ils peuvent bien trouver là-dedans ? Mais quels sont les fous qui rentrent
là-dedans ? Et ça ça me fait le même effet quand je pense aux champignons
chinois, j’allais dire, aux communistes chinois. Non, c’est parce qu’on a
beaucoup parlé de champignons chinois pour mettre dans le gyaku, dans
notre soupe tibétaine, à Lisbonne et à Bruxelles. Alors, association d’idées.
Les champignons sont des drôles de phénomènes aussi vous savez, de
toute façon. Ils n’ont peut-être pas de casquettes vertes mais ils sont
bizarres quand même. Si on réfléchit, je vous pose la question, posez-vous
la question : On se dit : mais qu’est-ce qui peut pousser nos gosses de 17,
20, 25 ans d’aller se rouler sur les épaules, sur la tête et aller danser sur des
sons aussi disharmonieux, aussi agressifs, aussi suicidaires en sachant très
bien qu’ils se suicident donc qu’ils s’abîment de façon quasi irréversible.
Alors pourquoi, pourquoi ça ? Dans toutes les époques on a vu des jeunes
bizarres et des jeunesses qui étaient chaque fois les plus intelligents et les
vieux qui étaient les crétins. Ça ça existe depuis les cavernes je présume.
Ça c’est pas nouveau. Mais on n’a jamais été aussi loin dans
l’anéantissement de soi-même. En fait je trouve que notre jeunesse
aujourd’hui est un peu une exacerbation de nous. Il y a des années j’avais
pensé que surtout le fait de naître à Nyima Dzong, des éléments comme ça,
allaient peut-être les sauver définitivement de toutes ces bêtises, mais il n’en
est rien. Bon certains marchent très bien bien sûr. Mais il y en a quand
même pas mal qui sont attirés par tout cela. En fait ils sont attirés par la
mort, attirés par le désordre, le chaos. Ils n’ont aucune bonté, aucune
compassion, ils ne pensent qu’à eux tellement ils souffrent. C’est une
étrange génération. Je dirais même qu’il y a déjà deux générations étranges.
Il y a déjà ceux qui ont maintenant 20, 25 ans et puis il y a ceux qui ont déjà
10, 12, 13 ans et qui sont déjà très très bien partis. Et je regarde par
exemple à Nyima Dzong, c’est toujours de plus en plus tôt, alors que ces
êtres ne sont pas tellement en contact avec toute la folie du siècle, mais c’est
de plus en plus tôt que la folie s’installe : désordre et la volition de suicide
déguisée en musique. Si je vous parle de cela, je vous ai parlé des chinois,

je vous ai parlé de nous tous, je vous ai parlé des enfants; je crois que c’est
un phénomène unique. Je crois que la destruction du Tibet par les chinois,
les jeunes qui deviennent bizarres, qui souffrent comme je crois on a
rarement souffert mais qui n’écoutent plus rien, ça devient très bizarre et puis
nous tous, quoi. Il y a quand même de temps en temps des coups de folie.
Tous les jours j’en voie. Dans tous les pays d’Ogyen Kunzang Chöling, mon
téléphone résonne tous les jours de la folie du jour. C’est un peu la carte du
jour, le plat du jour. Et tous les matins lorsque j’ouvre les yeux, je me dis :
tiens, quel sera aujourd’hui le plat du jour ? Parfois il est corsé, parfois il est
salé, parfois il est poivré, parfois il est sans saveur, parfois il est insipide et
inexistant. Il y a un peu de tout. Il y a des jours avec et des jours sans.
Heureusement, heureusement que mes Maîtres m’ont appris longuement
l’illusion de toutes ces choses. Oh ça n’empêche pas de souffrir de savoir
que c’est une illusion, mais c’est quand même très confortable de le savoir,
de n’attacher aux choses, de les voir comme un reflet mais non pas comme
une réalité. Et dans tous ces reflets de l’existence qui sont mon lot quotidien,
ce qui est merveilleux, c’est que c’est toujours Rigpa qui gagne. Je vous
explique. Quand dix fois ou quinze fois par jour, on me démontre par A + B =
C, la folie, l’aberration de quelques frères et soeurs, leur faiblesse, leur
attitude matérialiste, leur recherche de confort, de plaisirs, leur absentéisme,
leur manque de bonté, enfin leur douleur, quoi. En bref c’est quand même
toujours parce qu’ils souffrent n’est-ce pas ? C’est important de le savoir
sinon on finit par réagir. Et justement le fait de regarder toute cette
souffrance, ça devient très vivant. Pour moi c’est toujours Kuntuzangpo et
Kuntuzangmo. Kuntuzangpo et Kuntuzangmo, c’est l’inspir et l’expir de mon
Lama Racine. Qu’est-ce que vous voulez, on ne se refait pas et je ne peux
plus changer cela, je suis trop vieux. Donc quoi qu’il arrive, c’est toujours la
respiration de mon Lama, et c’est toujours Kuntuzangpo Kuntuzangmo.
Rigpa est invulnérable. Bien sûr qu’il est invulnérable puisqu’on ne le
connaît pas, les gens ne le connaissent pas. Comment voulez-vous détruire
quelque chose qu’on ne connaît pas. On ne le voit pas, il n’existe pas. On
peut casser une tête bien sûr. On peut trancher une tête. On peut torturer
des êtres et les couper en petits morceaux, enlever leurs mains, leurs pieds,
les jambes, les tripes en faisant un petit trou dans le ventre, on peut faire tout
ce qu’on veut. On ne peut pas toucher à Rigpa. On ne peut pas toucher à
cette grande nouvelle de notre bouddhéité. Personne ne peut toucher à
cela. Aucun tortionnaire au monde ne peut toucher à cela. Nous pouvons
l’occulter, nous pouvons même construire une casmate en béton avec des
murs de trois mètres d’épaisseur autour de notre esprit et de tout boulonner,
tout enfermer avec des portes d’abri atomique. On peut faire tout ça. Mais
si on prend un peu d’Amrita de Yeshé Tsogyal, dès que votre haleine, je sens
déjà le goût rien que d’en parler. Dès que votre haleine a le goût d’Amrita,
vous soufflez, tout l’abri anti-atomique disparaît en une seconde. C’est long

une seconde, c’est beaucoup trop long une seconde. Et puis en plus quand
je dis : disparaît, ça veut vraiment dire «disparaît». Ça ne veut pas dire qu’il
y a des ruines qui tombent par terre; qu’il faut aller chercher une pelle et une
brouette après. Non, on n’a pas besoin de pelle, on n’a pas besoin de
brouette, comme ça (on souffle), c’est comme si ça n’avait jamais existé. Ce
serait tellement bien si vous pouviez penser un peu à tout cela. Chaque fois
que nous nous voyons, j’essaye de vous inventer une petite histoire, enfin
j’écoute comme vous de toute façon, votre présence qui génère l’histoire. Et
puis peut-être qu’un jour pour l’un, pour l’une ou pour l’autre, l’histoire du
jour, le plat du jour, sera bien mangé sans en laisser une miette, après l’avoir
bien offert aux Protecteurs et après en dédier tous les mérites accumulés
pendant sa mastication. Et que ce plat du jour là, un jour, le plus tôt possible
s’il vous plaît, soit le bon. Celui où après on est un peu moins fou, on perd
un peu moins de temps, on crée un peu moins de confusion, de discussions,
d’agressions de toutes sortes. C’est-à-dire qu’on respecte un peu mieux le
monde. En respectant le monde, on peut retrouver notre nature. Aucun
d’entre nous jamais, n’arrivera à se retrouver s’il n’a pas un grand respect du
monde. Et quand je dis le monde, c’est tous les êtres qu’il contient. Entre
vous, entre frères et soeurs, il faut vous respecter. Entre vous, entre frères
et soeurs, quelles que soient vos responsabilités, n’oubliez jamais que tout
cela ne vous appartient pas. Qu’il n’y a aucune propriété, que ces choses
n’appartiennent à personne d’autre qu’au ciel. Et qu’il ne faut jamais se dire,
ça c’est le Chöten que j’ai construit, ça c’est mon magasin, ça c’est mon
centre médical, ça c’est ci, ça c’est ça. Il ne faut jamais penser comme ça :
mon centre du Dharma, mon Temple, mon Lama. On ne le dit pas non plus.
Ça n’est pas plus mal. Mon Lama. Ce que j’aime bien, c’est quand des
êtres que je ne connais pas du tout, que j’ai peut-être vus une fois en vingt
ans et qui m’écrivent : Mon Lama. La dernière petite missive vraiment
imbécile que j’ai reçue, je vous en parle à tous parce que là ça dépasse les
bornes, c’était au Portugal, c’était à Lisbonne, il y a quelques jours. Un
quidam qui a passé quelques temps par Fanson, quelque chose comme ça,
je ne me rappelle plus du tout. Ça devait être un drôle de pistolet, alors il
m’écrit avec des phrases très portugaises comme ça. J’aime bien, ça peut
être sympathique. Alors il m’écrit : voilà, j’ai écrit au Dalaï Lama, ça vaut dix,
avec bien sûr toute une en-tête, Lama Kunzang, très poli et tout. J’ai écrit au
Dalaï Lama et je lui ai dit qu’il était temps qu’il vienne enseigner le
Kalachakra au Portugal. Qu’en pensez-vous ? Voudriez-vous m’aider dans
ce projet ? C’est extraordinaire. Enfin, il faut de tout pour faire un monde. Il
faut être prudent dans ce monde. La folie nous guette. Je crois que tant
qu’on n’a pas complètement maîtrisé les royaumes inférieurs, personne n’est
à l’abri. Au moins maîtriser les royaumes inférieurs pour commencer à au
moins se sentir un petit peu à l’abri, tranquilles. Moins de risques, ça veut
dire pas de colère, pas de haine, pas de réactions vindicatives ou

agressives, pas de désirs exacerbés, d’envie, comme le paquet de
cigarettes; des gens qui traversent toute une ville pour un paquet de
cigarettes. C’est dingue ça. Pas de bestialité gratuite. Se vautrer dans les
bas instincts ou en faire tout un cinéma. Attachés aux désirs et au
kamalokas des pieds et des mains et le reste. Tout ça c’est les royaumes
inférieurs, c’est-à-dire le monde des animaux, les enfers et les fantômes. Et
croyez bien que les fantômes ça ne se promène pas toujours avec des draps
de lit sur la tête et des chaînes qui traînent dans les couloirs.
Malheureusement, ils sont ici, ils sont parmi nous. Ils sont bien là, souvent
dans vos propres tripes. Ce désir, ce désir comme une blessure qui ne se
ferme jamais, parce qu’en fait cette blessure, c’est la blessure du monde du
désir. Cette blessure existe à partir du désir. Si on pense aux autres et
qu’on ne se sent plus séparés. C’est de là aussi une des raisons de la vie
communautaire, pour apprendre à être ensemble, manger ensemble, prier
ensemble, travailler ensemble. Ça c’est intelligent. En fait cette blessure est
rattachée surtout à la sexualité et toutes ces choses. Quand on regarde
bien. Si je regarde un peu les souvenirs des vingt-cinq, trente ou quarante
dernières années, ou cinquante dernières années, oui je peux le dire. Les
cinquante dernières années en utilisant le même sac véhiculaire, et bien
quand je regardais mes oncles, mes tantes, mes grands-parents, mes
parents, il y a cinquante ans, je voyais déjà la blessure et je voyais déjà que
c’était ça. Je le savais mais j’en souriais parce que j’avais trois ans. Mais je
le savais. C’est amusant hein ! Just like that. Et bien on n’a pas beaucoup
avancé, parce qu’on est toujours là avec nos blessures et ce n’est pas
encore fini. Alors s’il vous plaît, n’allez pas casser les pieds au docteur de la
famille pour cette blessure là. N’allez pas lui demander, est-ce que vraiment
il n’y aurait pas quelque chose pour m’aider. Je crois que personne ne peut
rien pour vous. Et en fait c’est votre seule vraie maladie. Parce que tous vos
petits bobos qui vous font courir chez nos docteurs familiaux, moi je trouve
au contraire que vous devriez les assumer davantage. Je ne vous ai jamais
dit qu’il ne fallait pas souffrir. J’ai mal de tête, ah ! je cours vite. Restez
tranquilles. Si vous ne pouvez pas déjà assumer un mal de tête, un petit
bobo aux jambes : j’ai les jambes un peu lourdes, je ne me sens pas bien
aujourd’hui, j’ai mal ici, j’ai mal là. Si vous ne pouvez pas assumer ce fichu
corps, où voulez-vous qu’on aille ? On n’ira nulle part. Vous devriez vivre,
bien sûr vous avez facile ici, c’est vraiment super facile, tout tombe du ciel
comme ça. Et puis de rester la bouche ouverte, les mains grandes ouvertes
et puis pour les plus gourmands, ils mettent les pieds comme ça aussi, hein,
mais ça ne sert à rien, vous êtes piégés de toute façon. Ç’est un auto-piège,
ça. Auto-piège, c’est comme les autos tamponneuses. Vous êtes piégés là,
on vous rentre dedans de droite, de gauche, devant, derrière; vous vous
prenez des maux de nuque, vous vous secouez et vous allez encore payer
pour aller dedans. Auto tamponneuses on dit en France, ce sont des autos

scooters on dit en Belgique avec des odeurs de frites et de pickles. Et bien
les gens qui donnent un peu d’argent pour aller se mettre là, c’est le même
principe. C’est pour s’amuser paraît-il. Les seules choses qu’ils risquent,
c’est de prendre des coups, de se compliquer la vie ou bien de rentrer
agressivement dans quelqu’un d’autre. Je ne vois pas l’intérêt. Disons que
c’est un défoulement logique pour un monde qui se meurt, mais c’est pas
sérieux. Avant qu’il ne fasse tout-à-fait noir, je vais vous lire deux, trois lignes
d’un de nos Grands Maîtres, Longchenpa. Evidemment je ne peux pas vous
dire grand chose de ce livre parce qu’on est trop nombreux. Normalement
pour pouvoir lire des choses de ce livre, on ne doit pas être plus de deux,
trois et encore. Ce n’est pas facile à trouver. Mais je vais vous trouver
quelque chose quand même parce que je suis né comme ça. Je vais vous
trouver quand même quelque chose, quelque chose que je peux vous dire
sans vous faire le moindre mal. J’ai ouvert comme ça, de toute façon il n’y a
pas une lettre à jeter. Tout ça est tellement merveilleux, oui c’est merveilleux,
puis je ne peux même pas vous le lire, c’est incroyable hein. J’aimerais
tellement pouvoir vous expliquer tout cela. Ah ! qu’est-ce que j’aimerais bien.
Vous savez parfois, je me rappelle en 1974, quand mon père m’avait acheté
le château de Soleils, j’étais persuadé qu’en moins de dix ans, j’allais en
éveiller au moins dix ou vingt. C’est beau la jeunesse hein. Ah, de toute
façon, tout cela n’est que rêves et illusions. Mais je ne vous dirai pas la
suite. Ici Longchenpa parle pendant un certain temps des êtres qui
pratiquent le Dharma, qui pratiquent certaines techniques du Dharma, mais
qui pensent avoir trouvé quelque chose d’efficace et comme ce quelque
chose qu’ils ont l’impression de trouver n’était que proposé par leur propre
égo, avec l’habitude, mais ce qu’il nomme état naturel n’est en réalité qu’une
obstination orgueilleuse et avec l’habitude, il chutent dans l’animalité et s’ils
ne s’y accoutument pas, il va encore leur arriver plein de choses, dit
Longchenpa, ils se trouveront donc dans des états où ils n’ont aucune
occasion de se libérer du samsara. Ainsi, plus ils s’enorgueillissent, plus ils
sont possédés par le démon de leur propre système. Lancés à la poursuite
des fictions nées de leur esprit, ici l’esprit c’est vu dans l’aspect de leurs
consciences, ils ne voient point le contenu du réel à cause des souillures
conceptuelles. Ça c’est exactement ce dont j’ai essayé de vous parler
aujourd’hui : ils ne voient plus le contenu du réel à cause des souillures
conceptuelles. Que l’on vive à Nyima Dzong, ou que l’on vive à Bruxelles
ou à Lisbonne, on se retrouve toujours entouré d’êtres, surtout avec soi-
même au centre, on attire vers nous, on rejette, on prend, on rejette, on
prend. C’est un peu le mouvement de la respiration, il faut dire à la
décharge des ignorants que cette volition, ce désir de prendre ou cette
répulsion qui nou agite sans cesse, c’est en fait parce que c’est le
mouvement de l’air qu’on inspire et qu’on expire. Il faut essayer de dissocier
ce qu’appelle Longchenpa, l’habitude, ils prennent l’habitude des choses. Ce

mouvement de respiration est vraiment un mouvement habituel mais il faut
l’utiliser pour casser l’habitude, pour stopper un jour, une fois pour toutes
l’habitude, toutes les habitudes. Les liens qui peuvent exister entre les êtres,
dans des couples ou des histoires comme ça, c’est quasi basé sur l’habitude.
Personne ne bouge. Ou bien on divorce, ou bien on ne bouge pas. C’est
toujours et souvent l’habitude. Donc ils ne voient point le contenu du réel à
cause des souillures conceptuelles. Et bien qu’ils évaluent les deux vérités,
donc ils essaient d’évaluer la vérité relative et la vérité absolue, ils chutent
dans les extrêmes de l’éternel et du néant. Bien qu’ils traitent du sang limite,
ils professent une vue qui n’est que le pic de l’expérience mondaine. Ce que
souligne le Maître ici, c’est 90% des centres du Dharma en Occident.
D’ailleurs 90% des effectifs fréquentant les centres du Dharma, quand je dis
90%, c’est parce que je suis né avec un optimisme exacerbé. Mais 90% des
effectifs fréquentant les centres du Dharma tombent dans ça : le pic de
l’expérience mondaine avec un merveilleux alibi et un rosaire autour du cou.
Quoi qu’ils fassent, ils sont coincés par leur système, et jamais, jamais, ils
n’auront le moindre aperçu de la sagesse primordiale naturelle. Jamais. La
condition naturelle leur est voilée par leurs pensées, le verbiage, leur
imagination et puisque ces moyens sont impropres à une reconnaissance
réelle, le chercheur manque le but recherché. Ça vous pouvez entendre.
J’ai pris le texte, il a suffi de ne pas lire le début, et j’ai pu vous le lire quand
même. Parcours sans faute. De toute façon, on ne peut pas faire de fautes,
c’est impossible, c’est trop tard ou trop tôt. Allez, on relit, surtout la fin, ça
me plaît. Donc on parle de l’expérience mondaine. Pensez quelques points
essentiels, expérience mondaine, vous voyez ce que ça signifie, Dharmas
mondains dont parlaient Chögyam Trungpa Rinpoche. Voilà encore un être
qui avait trouvé les termes justes. Dharmas mondains, c’est un peu comme
une guerre de religion quoi. Ce sont des mots qu’on met ensemble comme
ça, mais qui ne devraient jamais être ensemble. On ne devrait jamais
pouvoir utiliser ensemble le mot guerre et le mot religion. On ne devrait pas
non plus utiliser Dharma et mondain. Ça ne va pas hein. Il y a ce qu’on
appelle les Dharmas mondains. Mais enfin c’est encore autre chose. Ici on
le voit d’une autre façon. Donc quoiqu’ils fassent, quoi que vous puissiez
faire, ils sont coincés par leur système et jamais, jamais, ils n’auront le
moindre aperçu de la sagesse primordiale naturelle. La sagesse primordiale
naturelle c’est l’attitude d’esprit de Kuntuzangpo et de Kuntuzangmo, une
vacuité, luminosité, nous quoi, en profondeur. La condition naturelle, c’est-à-
dire la vraie nature de leur esprit, de notre esprit, toujours nous quoi, leur est
voilée par leurs pensées, voilée par les pensées. Je me rappelle, quand
j’étais gamin, je lisais des livres de Maître Eckartdt, ce n’est pas le menuisier
de la famille, c’est un Maître mystique allemand qui a vécu il y a plusieurs
siècles. On appelle ça : mystique rhénane et j’avais lu quelques textes.
C’était très beau, c’était très bien. Il disait : quand tu te tais, Dieu te parle.

C’est une phrase qui a été essentielle dans ma vie, dans cette vie enfin.
Quand j’étais enfant : quand tu te tais, Dieu te parle. Ça signifie toute chose
en fait parce que de dire cela, dès le moment où se taire, ça n’est pas
uniquement la parole, c’est aussi nos pensées; quand tout s’apaise, quand
tout est calme, quand on est disponible, Dieu te parle. C’est-à-dire nous
pourrions dire : Guru Rinpoche, Kuntuzangpo, Kuntuzangmo, enfin vous
l’appelez comme vous voulez. C’est toujours pareil de toute façon. Et alors,
j’ai fait l’expérience de rester dans ma chambre pendant plusieurs mois,
j’avais seize ans. Ça m’arrangeait comme ça je ne devais pas aller à l’école
en plus et j’ai fait l’expérience de rester dans ma chambre pendant plusieurs
mois et de me taire. Et en effet, j’ai entendu parler et puis ça n’arrêtait plus
en plus. Quand ça commence, ça ne s’arrête plus. Ça ne s’arrête plus,
c’est-à-dire qu’au début on a l’impression d’avoir quelques pensées qui
viennent, doucement dans notre esprit et puis après ce sont nos pensées
elles-mêmes qui sont ce dialogue sacré. C’est -à-dire que ça prend la place
de nos pensées. Nous ne pouvons plus rien ajouter. D’abord on commence
par se taire et par calmer le système et puis quelque chose prend la place
sans cesse, ne nous laissant plus la place de revenir. Vous voyez, donc
c’est un peu ça fermer les royaumes inférieurs. C’est-à-dire qu’ils se ferment
d’eux-mêmes parce qu’on ne peut plus y retourner non plus. Et quand bien
même, il faut faire beaucoup d’efforts pour descendre aux enfers, il faut
vraiment un amour extraordinaire pour descendre aux enfers. Je connais
une porte des enfers au Népal, je connais une porte du monde des Titans
aussi au Népal. Je connais plusieurs portes ainsi. Mais pour franchir ces
portes qui sont géographiques n’est-ce pas, pour franchir ces portes, il faut
vraiment un peu de tranquillité déjà, un peu de silence, beaucoup de joie,
beaucoup d’amour. De toute façon, on ne peut pas avoir de la joie sans
amour. Et on ne peut pas avoir d’amour sans joie. Le véritable amour n’est
que joie. Jamais de discussions, jamais. Il est jamais querelles, peurs,
craintes, complications, verbiage comme disait Longchenpa. Il dit : voilées
par les pensées, le verbiage et les imaginations. Parler des autres, ça c’est
le verbiage. Vous savez, ce verbiage qu’on voit un peu dans tous les pays
du monde, qui existe encore un peu au Portugal et en Espagne maintenant,
beaucoup moins ici parce que les routes ont été élargies et il n’y a plus de
trottoirs et où les femmes sortent et mettent une chaise sur le trottoir de la
route nationale, devant la maison. Vous avez vu tous ça. Alors vous avez
quelques dames comme ça, un petit peu âgées habituellement, les jeunes
sont au techno, et alors un petit peu âgées comme ça et elles se mettent sur
une chaise à la rue comme ça. Alors on s’assied à la rue, on est avec
quelques femmes avec des châles et tout et alors là ça caquette, ça caquette
et tout le monde y passe, tout le village y passe. Il y en a qui sont
structurées, d’autres qui le sont moins. Il y en a qui commencent par le sud
et puis qui vont au nord et puis qui font un tour à l’ouest et à l’est du village.

Il y en a qui commencent par la rivière et qui montent vers les terres hautes.
Il y en a qui commencent par en haut, qui vont vers en bas mais on fait le
tour, on fait tout le tour. Tout le monde y passe. Qui est avec qui, celui là est
mort, celui là a hérité, celui là quel voyou, tout le monde y passe. Parler des
autres, il y a toujours une raison à cela. Quand on approche quelqu’un et
qu’on parle des autres, c’est déjà pour démolir tout contact de l’être à qui on
parle. Quand on dit du mal de quelqu’un ou qu’on critique, parce
qu’habituellement ce n’est pas pour dire du bien qu’on se réunit sur le bord
de la route hein. Si des femmes se réunissent pour parler, ce n’est pas du
tout pour dire du bien, c’est toujours pour dire du mal bien sûr, en tout cas, à
99,99%. De temps en temps une petite exception comme ça, quand elles
sont fatiguées. C’est toujours pour dire du mal. Mais les hommes sont
comme ça aussi vous savez. Mais là bien sûr c’est entre deux ballons. Ils
doivent parler entre deux ballons, entre deux trompettes, ou deux mirlitons
quand ils sont au match de football ou bien après, après le match de football
quand on va boire. Alors là on parle, mais football alors. C’est plutôt les
mauvais joueurs et les bons joueurs, le mauvais arbitre, le bon arbitre. Oui
c’est ça. C’est très vaste. Par contre les femmes c’est beaucoup plus vaste.
Là tout le monde y passe vraiment. C’est pas uniquement le monde du
football, c’est tout le monde qui y passe. Alors il n’est pas besoin d’être
sportif pour être dans le journal parlé. Ça c’est vraiment extraordinaire. Tout
le monde y passe. Et puis il y a aussi quelques hommes, peut-être qui ne
vont pas au football. Et s’ils ne vont pas au football ou s’ ils ne tapent pas un
ballon eux-mêmes de temps en temps; ce qui quand même est déjà un peu
plus intelligent que d’aller voir les autres faire du sport, c’est d’en faire soi-
même. Bon ça c’est pas mal. Alors s’ils ne vont pas au football, s’ils ne font
pas tout ça, alors il faut bien trouver des sujets de conversation. Alors
comme les hommes souvent, ils vont essayer de fréquenter des femmes,
habituellement. Puis si ça n’est pas ça c’est compliqué aussi de toute façon,
mais je préfère ne pas en parler parce que j’ai déjà parlé assez d’âneries
comme ça aujourd’hui. Alors donc disons que les hommes fréquentent
normalement les femmes. Alors quand un homme rencontre une femme, de
quoi vont-ils parler ? Il faudra bien parler des autres. On va parler du monde
dans lequel on vit, on va commencer à critiquer tout le monde dans le monde
dans lequel on vit pour essayer de se mettre évidemment soi-même en
exergue. Parce qu’on a parfois l’impression que quand on critique les autres,
ça veut dire qu’on est meilleur. C’est fou ça, vous avez déjà pensé à çà ?
J’ai toujours trouvé ça étonnant que quand on enfonce des êtres comme ça
autour de nous, on a l’impression qu’en poussant leurs têtes, on se monte un
petit peu. Question de ne pas perdre la face parce que : une conquête, Ah !
on doit se montrer comme le meilleur bien sûr. Alors on critique, on critique,
on critique beaucoup comme ça. C’est très surprenant, on est toujours le
meilleur. Il n’y a qu’au moment de mourir où il y a un problème. Là il y a

vraiment un problème. Qu’est-ce que j’en ai déjà vu des malins et des
meilleurs, la façon dont ils se sont mis à crever. Là il y avait vraiment un
problème. C’était papa, maman et toute la Sainte Trinité qui y passait mais
ça ne servait plus à rien. C’est trop tard. Toujours trop tard. Essayez de
penser à tout ça, ça apprend à se connaître, ça apprend à s’assumer. Je
crois qu’on passe tous un jour où l’autre dans ce genre de pièges n’est-ce
pas ? Donc la condition naturelle, notre condition naturelle, Rigpa, nous,
nous tous, leur est voilée par les pensées, le verbiage. J’aime bien ce mot
verbiage, les piaillements absurdes, les imaginations, imaginations parce que
tous les êtres cherchent le bonheur donc on cherche toujours, on essaie
d’imaginer quelque chose qui va nous amener au bonheur. Alors ça c’est
l’imagination. Alors il y en a qui en ont, il y en a qui n’en ont pas du tout.
Alors là évidemment, quelqu’un qui n’a pas d’imagination, le verbiage est
évidemment plus discret. Par contre quelqu’un qui a de l’imagination, ça
peut être très intéressant. Et il parle, il parle, il pérore, il parle, il parle, il
parle. Qu’est-ce qui se passe en fait ? Pourquoi les êtres parlent comme ça
tout le temps ? C’est uniquement pour cacher la blessure. Tout ce que l’on
fait, courir derrière un ballon de football, au pis aller, c’est parfois aussi pour
cacher la blessure, essayer de penser à autre chose. Boire un verre d’alcool
entre amis, c’est encore pour cacher la blessure. Quoi que l’on fasse, quoi
que l’on étudie, c’est pour essayer de

CASSETTE II – petite coupure

On se piège nous-mêmes. Nous sommes les artisans de tous nos pièges.
C’est comme si on fabriquait des pièges, des pièges à rats et on tombe
dedans. Et ça dure. Et donc tout ça, tous ces pièges à rats, puisque ces
moyens que sont tous ces pièges, sont très propres à une reconnaissance
réelle. Bien sûr, tous ces pièges que nous inventons sans cesse, tous ces
verbiages insolents, maladifs et malsains qui créeront toujours des
problèmes, qui sont destructeurs, toujours. C’est toujours destructeur de
parler de quelqu’un, qui plus est quand il n’est pas là. Toujours. N’oubliez
jamais s’il vous plaît. Ne faites jamais cela, plus jamais. Surtout quand on
vit en communauté, vous avez déjà une propension à ça. Hou que c’est
vilain. C’est toujours impropre à la reconnaissance du réel. On se
téléphone, on s’écrit, des petites lettres, des petites bafouilles, merdiques.
Des coups de téléphone coûteux et absurdes. Hou que c’est vilain tout ça.
Ça ne mène à rien. C’est malhonnête vis-à-vis du ciel et vis-à-vis de nos
Maîtres qui nous ont tout dit ou presque. On le découvre petit à petit, pas
par pas. C’est donc ainsi que le chercheur dit Longchenpa manque le but
recherché. Vous vous êtes engagés à pratiquer le Dharma il y a plusieurs
années déjà n’est-ce pas ? La plupart d’entre vous déjà, presque ¼ de
siècle. Je dirais même pas presque, je dirais sûrement ¼ de siècle. Vous ne

croyez pas que ce serait vraiment dommage de manquer ce but recherché
Moi je trouve que si. 100%, je trouve ça absurde. Tout ça pour rien. C’est
lamentable, alors qu’il suffit d’un instant, d’un instant seulement pour
vraiment construire quelque chose de très bien. En développant le
Bodhicitta, en pensant aux êtres plutôt qu’à nous-mêmes, un instant. Voilà.
Ça c’est ce que je voulais, enfin non pas que je voulais, c’est ce que je vous
ai dit aujourd’hui. Il n’y a jamais rien à vouloir de toute façon. D’abord, ça ne
sert à rien. Avec un peu de temps, quand on prend un peu d’âge, on se rend
compte que tout ce que l’on voudrait, ça sert à rien du tout. Il faut juste
essayer de donner un maximum, c’est-à-dire tout, tout ce qu’on a, aux êtres,
tout ce qu’on peut leur donner; parce qu’on ne peut pas tout. Vous avez vu
dans le livre, je ne peux pas tout vous lire, même un simple livre qui sort en
livre de poche, je ne peux même pas vous le lire. C’est vraiment un drôle de
monde. De toute façon, ça ne devrait pas sortir non plus en livre de poche
ces choses là. C’est bien utile pourtant. Encore une fois tout cela est bien
difficile. C’est utile et ça peut être une bombe dans les mains d’un ignorant.

Je vous ai parlé de tout cela. Que dire encore ? Donc hier j’ai été chez
Dolma pour l’inauguration. Ça s’est très bien passé. Tout s’est très très bien
passé, c’était très joli J’ai vu des êtres qui avaient l’air très contents. Et
maintenant que, Dolma est inaugurée et que cela a l’air de commencer à
bien marcher, à bien tourner, que la vie est de nouveau bien présente avec
beaucoup de présence, oui, c’est ça. Je vais maintenant commencer à
m’occuper davantage du Tibet House, rue de Livourne, en-dessous du
Temple et parallèlement à ça, donc la rue de Livourne. Demain je retourne à
Lisbonne. J’ai eu très très très peu de temps ici. Je suis venu spécialement
pour vous pour hier et tout cela. Lors de mon prochain voyage, je vais plutôt,
l’un n’empêchant d’ailleurs sans doute pas l’autre, mais je vais plutôt aller
voir ce qui se passe chez Tibet House. Alors vous essayez de préparer au
maximum, Oh frères constructeurs ! Vous essayez de préparer au maximum
donc tous ces éléments là, le Temple, de bien avancer au niveau du Temple
et de Tibet House et puis comme cela on pourra faire un petit tour pour voir si
tout se passe bien.dans cette noble rue, enfin noble depuis que nous y
sommes bien sûr. Il y a des endroits de la rue qui manquent de quelques
quartiers de noblesse, c’est sûr. Mais avec notre Présence, on ne sait
jamais, tout est possible. Voilà. Je vous demande aussi à tous, tous ceux
qui ont contact avec des êtres que nous appelons fort malheureusement
d’ailleurs, des êtres de l’extérieur; c’est vrai que c’est une formule qui
manque un peu de charme. Donc ceux d’entre vous qui ont contact avec les
êtres qui viennent dans les Centres Médicaux, les magasins, les restaurants,
enfin partout où on rentre chez nous quoi. Je voudrais que vous soyez très
attentifs. Ce que je remarque parfois pour quelques-uns d’entre nous, c’est
qu’ils ne sont pas assez attentifs aux autres. Vous n’êtes pas fatigués ? Je

prends encore dix minutes pour ça ? Qui est d’accord ? O.K. Donc ils ne
sont pas assez attentifs aux autres. Je ne dis pas pour autant que ce sont
des monstres d’égoïsme, Je ne vais pas dramatiser l’aventure, mais dans les
simples contacts, par exemple j’ai remarqué, j’écoute, je regarde. Alors une
question que l’on pose, une personne pose une question à l’un d’entre nous.
La réponse ne me plaît pas toujours. Que ce soit pour n’importe quoi.
Qu’est-ce que c’est ou pourquoi, qu’est-ce qu’il faut faire, des choses comme
ça. Les réponses ne me plaisent pas. Je trouve qu’elles manquent de
bonté. Je trouve que les réponses qui sont souvent données à des êtres qui
viennent nous visiter pour quelque raison que ce soit, ou bien au téléphone,
auxquels nous parlons au téléphone, ces réponses ne sont pas suffisamment
bouddhistes. En fait Je crois qu’à ce moment là, parce qu’on est dans un
magasin ou n’importe où, dans un restaurant ou n’importe où, dans un
endroit où nous recevons des êtres, on est chez nous, eux ce sont des
étrangers qui rentrent chez nous, c’est déjà bien si on les laisse rentrer, il ne
faut pas encore qu’ils posent des questions. Non mais ! On n’est pas là
pour répondre à des questions, je suis là pour vous servir. Bon, messieurs,
dames, qu’est-ce que vous prenez ? Non, ça ne suffit pas. On n’est pas des
camelots dans la rue. Enfin ils ne sont pas mauvais d’habitude. Mais on ne
vend pas comme cela, on ne travaille pas comme cela, on n’invite pas les
êtres comme cela. J’ai vu souvent justement, très souvent dans la famille,
beaucoup de gentillesse, de sourires et de bonté. Ça j’ai vu aussi bien sûr et
c’est une joie, c’est un régal pour la vue, hein, le sourire d’un être qui a
pratiqué le matin, qui était au Temple le matin, la détente et le sourire d’un
être, un homme, une femme, qui était au Temple le matin et qui reçoit
quelqu’un là. Je dirais que c’est presque une libération par la vue. C’est
comme ça. Moi je dis, quelqu’un qui rentre chez nous et qui voit des frères
et des soeurs qui sont comme cela souriants, qui ont des mantras qui
tournent encore en tête, qui pensent à nos Maîtres merveilleux, à notre
Lignée et tout cela. Et puis aussi qu’on est quand même là pour quelque
chose, on est là pour nos Refuges, on est là pour développer le Bodhicitta
pour développer des Paramitas, de la générosité jusqu’à une saine et sainte
méditation. Alors, quand on vous pose des questions, même si vous êtes
occupés, même s’il y a du travail, toujours on s’approche de l’être : qu’est-ce
que je peux lui offrir ? Si vous ne comprenez pas ça, ça ne marche pas, on
ne peut pas travailler comme ça, on ne peut pas vivre comme cela. Ce n’est
pas uniquement mettre des produits dans un casier, puis ouvrir, fermer le
tiroir caisse; c’est pas comme ça que ça marche mes enfants. Et puis on
n’est pas non plus des négociants, on n’est pas des marchands. Nous
sommes des bouddhistes, nous sommes des pratiquants du Dharma, nous
sommes des êtres qui avons pris Refuge dans le Triple Joyau. Nous
sommes des êtres qui par nos activités, nous essayons, je dis bien donc en
français, nous essayons au développement du Bodhicitta. Donc au sein de

nos activités, nous nous essayons au développement de l’esprit d’Eveil, de
l’esprit de Bodhi. Ça c’est notre présence, c’est la raison de notre présence.
Et alors on essaie d’offrir ce qu’il y a de mieux aux êtres. On essaie de leur
offrir de bons produits, de bien les conseiller. S’ils nous parlent de
bouddhisme, s’ils nous parlent, ça c’est encore un bon point pour Lisbonne
par exemple où il y a beaucoup beaucoup d’êtres qui viennent d’abord
manger au restaurant, et puis ils posent des questions. Il y a quelques
personnes qui répondent comme on fait aussi chez nous mais avec
beaucoup de gentillesse. Et puis il se passe quelque chose c’est qu’ils ont
envie de venir plus souvent. Alors un jour ils débarquent pour manger mais
ils sont trop tôt, ils sont ½ heure trop tôt. Est-ce que je peux descendre à la
cuisine ? Je peux peut-être vous aider à éplucher les pommes de terre ?
Ben oui. Alors ils descendent dans la cuisine, et puis ils vont commencer à
éplucher des pommes de terre ou bien ils disent : vous n’avez pas une petite
vaisselle qui traîne, j’aimerais tant vous aider. Parce qu’ils ont senti, ces
êtres, quelque chose qui n’est pas banal, quelque chose de très différent
même, très très différent. Et ils ont envie de s’associer à cette différence. Et
en s’associant à cette différence, c’est un peu s’associer à la quintessence
même de notre vie, de ce qu’est le développement du Bodhicitta. Et ce sont
leurs premiers pas, comme ça. Chaque fois que j’arrive à Lisbonne, j’arrive
dans la cuisine, je vois un gars que j’ai jamais vu, une femme que j’ai jamais
vue, salut, jamais vus, première fois. Des gens que je n’ai jamais vus, ils
sont là occupés à faire la vaisselle et tout, des petits tailleurs, des petits
machins, des petits foulards, ils font la vaisselle. C’est bien, c’est bien. Et à
Bruxelles on n’a jamais tellement favorisé cela, parce qu’on est très
nombreux et on se croit, on se prend pour Brigitte Bardot en Harley
Davidson. Et je ne crois pas que c’est une bonne idée. Mais bien, j’aime
bien cette attitude à Lisbonne, ça me plaît beaucoup, il y beaucoup de
chaleur, beaucoup de bonté et il y a vraiment des portes ouvertes pour les
êtres. Vous savez quand votre soeur Tséring donne un cours sur le
bouddhisme, moi je dois, s’il vous plaît, s’il vous plaît, je ne sais plus monter
dans l’escalier. J’arrive au Centre, je vois une foule dans l’escalier, on ne
sait plus respirer, j’essaye de me frayer un passage pour aller jusqu’à ma
petite chambre au deuxième étage, à droite sur le palier, et puis excusez-
moi, excusez-moi, excusez-moi, pour finir j’arrive chez moi et je dis : mais
qu’est-ce que c’est que tous ces gens ? Ah ça c’est un cours de bouddhisme
que Tséring va donner. Ah bon. Je n’ai jamais vu ça. Alors un autre jour
j’arrive, trois fois plus de monde, je ne sais plus où me mettre, je vois des
chaussures partout, des caleçons, des camisoles, des chemises, des
pantalons, des douches, des salles de bain, des portes, des chasses d’eau.
Qu’est-ce qui se passe ? C’est la révolution ? C’est un cours de Yoga qui se
prépare chez Wang Dü. Ah bon. C’est extraordinaire. Il y a un monde fou
dans cette maison. Et pour manger, ils font la file pendant une heure. Alors

je vois des gens qui attendent, qui attendent. Alors je dis : c’est quoi ça,
c’est le cours de Yoga ? Non. C’est Tséring ? Non, non, c’est pour le
restaurant, ils attendent parce qu’il n’y a plus de tables. Bon et bien voilà. Et
bien c’est tout le temps comme ça. C’est extraordinaire. Mais les portes
sont vraiment ouvertes. Et c’est pas les portes mais la façon de travailler,.on
essaie vraiment. Evidemment en Belgique, ces pays sont quand même un
petit peu plus frileux que le Sud, alors peut-être que les belges ne sont pas
tellement comme ça à venir faire la vaisselle du jour au lendemain. Ça c’est
possible. Je ne sais pas mais en tout cas c’est très sympathique et ça me
plaît vraiment beaucoup. Je me sens vraiment là dans un Centre du Dharma
à tous les niveaux, digne du terme. Ça me fait grand plaisir, grande joie.
Cette joie retombe sur nous tous de toute façon. Mais je vous demande
quand même de penser souvent à vos frères et soeurs de Lisbonne. N’est-
ce pas Maggy ? Tu t’es bien amusé là quand même ? Ah, elle faisait la
cuisine, pas mal d’ailleurs. Qu’est-ce que tu fais maintenant en fait ?
Allez ! C’est pas trop lourd mon bébé ? Très physique. Ouais, ouais, ouais,
ouais. Bon, on se reprendra hors ligne, après l’émission. D’accord. Enfin
voilà. Kadinsang, tout avance bien. On est occupé maintenant
sérieusement à vérifier le début des ermitages maintenant que les bâtiments
de base sont construits. Encore un bâtiment à construire, un grand bâtiment.
Et puis les ermitages mais on avance bien. Et j’aurai donc 31 places. Il y a
36 bâtiments qui doivent se construire : c’est-à-dire 31 bâtiments de retraites
et 5 salles de bain qui seront disséminées dans la serra, dans une petite
vallée bien protégée des vents, très tranquille, très jolie, tout près de moi. Et
alors bien sûr, la première série de retraite sera trois semaines et je
demanderai à quelques-uns d’entre vous de me rejoindre là-bas pour trois
semaines dès qu’on sera prêt. Il y en aura de Bruxelles, de Nyima Dzong,
du Portugal, bien sûr de partout et d’ailleurs. Et alors la deuxième retraite ça
sera sept semaines. Pour autant qu’il y ait un programme, c’est un peu ce
que je vois. La deuxième sera de sept semaines, 49 jours, même chose que
pour les morts quoi. Non, c’est question de vous donner un petit peu
d’appétit quoi. Et donc ça sera pour sept semaines avec donc la mort à la
fin, avec tout qui va bien quand c’est fini. Voilà. Et puis la troisième retraite,
ce qu’il y aura aussi, c’est des êtres qui auront des retraites plus longues.
Donc ça c’est vraiment au coup par coup. Il y a des êtres qui resteront 3
mois, 6 mois, 1 an, 2/3 ans. Il y a déjà des retraites beaucoup plus longues
de prévues et des êtres rentreront là pour une retraite de 3 ans, ce qui
n’empêche pas à d’autres de faire une retraite de 3 semaines. Même que je
me rappelle dans le temps, Pierre Ravach m’avait proposé de faire une
retraite de 3 jours. Tu te rappelles Pierre, quand j’avais proposé de faire des
retraites de 3 ans, 3 mois et 3 jours, tu avais levé la main en disant que tu
voulais bien faire les 3 jours. C’est noté, c’est noté ! Voilà, ça c’est pour
Kadinsang. Il y a aussi un superbe Kading que Mr. Richard nous a rapporté

de l’Indonésie, du pays de Joyce. Il nous a rapporté un superbe Kading,
c’est-à-dire un Garuda qui siège maintenant dans son nid à Kadinsang,
Kadinsang veut dire : le nid du Garuda, le nid du Kading. Il siège là
maintenant en bonne place, il est rouge et plein de griffes avec des grandes
dents. Voilà, voilà, voilà. Alors les retraites : ceux qui réussiront leur retraite
auront la permission de voir le Kading. Voir le Kading et puis mourir. C’est
comme Capri. Au Portugal donc tout va bien. Lisbonne, tout se passe bien.
Le n°3 d’Ardasha, vous connaissez Adarsha, la revue Adarsha ? Oui ? Qui
ne connaît pas la revue Adarsha ? Ah ça me fait plaisir ça, parce que hier,
j’étais chez Dolma, et puis il y avait un musicien tibétain qui était là, très
gentil, qui joue très très bien et qui attendait et puis quand je lui ai montré
Adarsha, il m’a dit qu’il ne l’avait jamais vu. Alors là j’étais étonné parce que
je me dis : il attend là depuis une heure et il n’y a encore personne qui a
pensé courir pour lui offrir un ou deux Adarsha. Ce fut fait. Je m’en suis
occupé. Donc Adarsha va bien. Le n° 3 vous avez attendu un petit peu, on
a tous attendu, parce que votre frère Thierry est allé à Bodhgaya récemment
pour faire un reportage sur le Nyima Mönlam. Il nous a rapporté des photos
tout-à-fait extraordinaires. Et alors on voulait bien sûr que ce reportage soit
terminé. En plus on a reçu le texte de Penor Rinpoche. Donc on a un texte
de Penor Rinpoche et des photos de votre frère Thierry et avec ça on a pu
faire un très très beau reportage mais qui était très long aussi. Il a fallu du
temps. Ce qui fait que ce numéro 3 sera en fait le 3 et 4. Il sera un numéro
double de plus de 100 pages et il va sortir vers la fin de ce mois-ci je pense.
Voilà, ce sont de très bonnes nouvelles du côté d’Adarsha. Ça se passe très
bien aussi. Au Népal tout va très bien aussi. Il y a un drupchen qui vient de
se terminer. Ça s’est très très bien passé et vos frères et soeurs qui vivent
au Népal vont bien. Ça ne se passe pas trop mal. Les véritables travaux du
Shedra n’ont pas encore vraiment pu commencer parce qu’il y a encore
quelques petites difficultés administratives mais qui vont sûrement se
résoudre dans les semaines qui viennent. Et puis on aura des nouvelles
toutes fraîches. Thierry part mardi, il revient à la fin du mois. Et puis votre
Lama partira vers la fin du mois d’avril là-bas aussi. On retournera là.
Thierry maintenant il va là-bas comme on va en bus à la chaussée de
Boendael. Il part mardi, il revient à la fin du mois. Il repart trois semaines
après. Il prend le bus. Voilà. J’ai encore des milliers de choses à vous dire,
vous en lirez quelques-unes dans Adarsha aussi que j’aurais peut-être
oubliées aujourd’hui. Et puis il y a encore plein de choses sûrement.
J’oublie vraissemblablement des milliers de choses qui nous tiennent à coeur
et qui sont très importantes mais malgré toute la joie que j’ai à être
ensemble, il faut quand même qu’on regarde le jour se coucher, la fin du jour.
Quand un jour se termine, vous avez déjà pensé que vous pourriez ne pas
vous réveiller demain matin ? Pas trop souvent n’est-ce pas ? Quand un
jour commence, quand un jour se lève, vous avez déjà pensé que vous

pourriez passer une journée merveilleuse en étant très souriants et très
généreux avec les êtres. De corps, de parole et d’esprit, transpirez la bonté,
hein, ça c’est une belle décision quand on ouvre les yeux le matin. Ça fait du
bien de vivre ainsi. Je crois que c’est la seule chose qui maintient en vie
dans un monde aussi tordu. En tout cas la seule chose valable, car si on
reste vivant pour d’autres raisons, je trouve ça malhonnête. Oui, c’est un
manque d’honnêteté, un manque de pureté, de valeur, un manque de santé,
certainement. Pendant tout cet enseignement j’ai tenu dans les mains un
rosaire que j’ai reçu de Sa Sainteté Khyentsé Rinpoche, Il l’a utilisé
longtemps. C’était en Dordogne en été où Sa Sainteté était venu et tout l’été
je l’avais vu utiliser ce rosaire qui était gros et qui faisait un peu de bruit
comme ça, alors je regardais le rosaire. Et puis à la fin de l’été, j’étais tout
prêt, il l’a pris, il me l’a donné. Vous essayez de penser de temps en temps
à Sa Sainteté ? Juste pour raviver en vous tout ce qu’Il nous a donné.
Raviver en vous chaque jour tout ce que nous avons reçu. Ne jamais laisser
même pas se refroidir, garder tout cela chaudement dans notre coeur, sa
Présence, ses gestes, son sourire, sa vie quoi, toute sa vie, toute une vie en
offrande. On est loin du compte dans nos petites vies mesquines. Il faudra
que ça change un de ces jours. Il faut vraiment que ça change. Je fais ce
que je peux, je vous aide pour que ça change. Alors, en pensant à tous nos
Maîtres des Lignées, je vous demande fils et filles, de vraiment faire tout ce
que vous pouvez, d’être très présents à tout cela et d’accumuler beaucoup
de mérites et beaucoup de connaissances, beaucoup de sagesse, de
reconnaître la vacuité des choses de la vie, de ne plus vous accrocher à quoi
que ce soit, ne plus penser à votre passé. Laissez-là le passé,
complètement oublié. Il y a encore des êtres qui viennent me dire : oui mais
on m’avait dit ça il y a vingt ans, j’ai entendu ça récemment. Le passé, je ne
connais pas, ça n’existe pas. Quand le Lama vous dit quelque chose, c’est
au moment où il vous le dit, mais le lendemain c’est déjà plus valable. Une
minute après, c’est peut-être déjà plus valable. On vous l’a dit au moment où
vous étiez là. Tout bouge, tout change. Mais qu’est-ce que vous croyez ?
Vous croyez que le monde c’est quelque chose de fixe comme ça comme un
petit soldat au garde-à-vous ? C’est pas ça le monde. Le monde n’existe
pas. C’est juste un mouvement. C’est très beau le mouvement. Mais quand
on le voit comme une entité, c’est un cauchemar. Alors je vous prie de
toutes vos forces d’essayer de reconnaître le monde à sa juste présence par
votre propre présence et de laisser là toutes vos folies, vos pièges. Voilà. Et
bien j’ai rajouté ½ heure je crois. Oui, ½ heure. J’avais dit que j’avais fini et
puis j’ai repris une ½ heure en plus. On recommence ? On est bien, on est
tranquille en plus, hein. Il n’y a pas de sons, il n’y a pas de bruit, il n’y a rien,
paisible. Et vous pratiquez un petit peu le Dharma de temps en temps
comme ça ? Pas tous en même temps. Oui ? C’est bien. Et vous pensez
aux Maîtres des Lignées de temps en temps ? Oui ? Et à moi, vous pensez

aussi de temps en temps ? Ah, je le savais bien, je savais bien qu’on m’aime
et tout. Ah ! Essayez un petit peu de vivre, de vérifier vos activités, vos
prières, votre présence à la vie, au Temple et partout. Essayez un peu de
vérifier vos présences, vos pratiques, vos pensées, vos paroles, vos gestes,
tout; de façon à ce que je puisse le plus vite possible vous enseigner, ce qui
me tient tant à coeur et qu’on en finisse une fois pour toutes avec tous ces
pièges, hein ? Vous n’avez pas envie de ça ? Qu’on s’embarque une fois
pour toutes pour des mondes un peu plus sensés, un peu plus sérieux,
hein ? On ne dira plus : est-ce que ce monde est sérieux, mais on pourra
dire : Ah, enfin, voilà un monde sérieux ! Et on ne dira plus qu’on doit se
méfier des êtres humains, mais on dira en plus : comme je les aime, j’aime,
j’aime, j’aime. Ce serait bien ça. Ça ne dépend que de nous, ça ne dépend
pas d’eux, parce qu’eux, ils ne vont pas changer. Eux ils font des guerres et
des révolutions, des famines et des querelles, des hopitaux psychiatriques et
de l’extasy. Eux ils ne vont pas changer. Si vous attendez qu’ils changent,
alors là, vous serez des réfugiés avant. Non, il faut bouger le plus vite
possible et ne pas attendre quoi que ce soit, ne pas attendre la retraite, l’âge
de la retraite non plus. Ne pas dire : quand je serai vieux, j’aurai du temps, je
prierai. Ça je n’y crois pas du tout. C’est ça qui est toujours si triste avec les
plus jeunes, c’est qu’ils croient qu’ils sont trop jeunes. Ils ont peur de gâcher
leur jeunesse dans la prière. What a wonderful world ! Et je le pense
vraiment en plus. Est-ce qu’il y a une question à poser ? Je suis toute ouïe,
toute oreille, une fois, deux fois, trois fois, adjugé, pas de questions. Next
time. Donc il n’y a pas de questions, quelqu’un a quelque chose à dire, c’est
peut-être pas une question, non ? O.K. Bien mes enfants, alors je reviens
dans quelques temps, très peu de temps, je crois même. Ah non ça va
quand même faire un mois cette fois-ci, je pense. Enfin je ne sais pas, je ne
sais pas, on va voir. Moins sans doute. Enfin, en bref je reviens le plus vite
possible. C’est ce que je dis à tout le monde d’ailleurs. C’est pour ça que
les espagnols ne m’ont plus vu depuis cinq mois. De toute façon j’ai été
quand même beaucoup de temps en Espagne à un moment de cette vie,
alors il n’est que juste que maintenant je n’y sois plus. C’est comme ça.
Change. Présent, pas présent, soleil, pas de soleil, pluie, pas de pluie, vent,
pas de vent, marée haute, marée basse, c’est bien le mouvement. Quand on
regarde le mouvement pour ce qu’il est, ça dure quelques instants
seulement. Quand on a pas bien compris, ça peut être très long et difficile.
Voilà. Qu’est-ce vous avez fait avec le restant de sangria pour finir. J’avais
entendu parler de ça ce matin, fin de matinée. Atcha ! Et ça a gardé ? Ça a
conservé ? Les fruits deviennent acides n’est-ce-pas ? Ça fermente aussi.
Tu le laisses pendant quelques mois, dans quelques mois on va voir ce qui
aura fermenté. Le tout c’est de bien attacher le couvercle. D’accord, alors je
te laisse toutes possibilités vis-à-vis de cette sangria. Tu sais, j’ai pensé,
quand on met du Chinlap dans quelque chose, ça devient vraiment très très

précieux; le Mendroup, ça devient très précieux. Mais à ce moment là, on
peut même le mettre dans des endroits qui sont pour nous jugés comme
étant sales ou pas précieux. Tu comprends ? Parfois on peut mettre
quelque chose de très précieux dans les toilettes par exemple. Parce que de
toute façon, dans les toilettes, il y a quand même pas mal de monde. Vous
avez déjà réfléchi à tout ce que vous rejetez tous les jours dans les
cabinets ? Tous ces paquets de hein ! Et bien il y a un monde fou là-
dedans. Ça grouille, alors un peu de Mendroup, ça leur ferait du bien aussi,
hein. Après avoir fait un petit tour dans vos intestins, avoir un peu de
Mendroup, ça réjouit, c’est une bouffée d’air quoi. Ça fait du bien parce que
ça dure un petit peu, vous gardez ça dans vos intestins pendant un petit
temps, de toute façon. Alors parfois il n’y a pas trop d’air là-dedans. Alors
bon ces êtres restent pour vous faire plaisir. Disons que vous avez besoin
d’eux parce que sinon vous avez des problèmes de santé. Alors ils restent là
et toutes ces bactéries essaient de vous aider à une bonne digestion depuis
le début jusqu’à la fin mais quand ils sortent, un peu de Mendroup leur fait du
bien. Donc on peut mettre ça dans cet endroit aussi. Mais faites attention
de mettre les fruits à part pour ne pas boucher l’endroit parce qu’alors plus
personne ne respire du coup. Voilà. Souvent, je mets un peu de Mendroup
ou des éléments précieux dans des égoûts, et des choses comme ça. Et en
plus dans une ville, quand je vais à Paris, souvent je fais cela parce que les
égoûts parisiens, sont tous, tous réunis. C’est extraordinaire les égoûts dans
cette ville, c’est un réseau aussi vaste que les routes qu’il y a en haut. Alors
vous mettez un grain de Mendroup dans un égoût comme ça et ça fait tout le
tour. Des millions, des milliards, des milliards, des milliards d’êtres. Ils se
disent : qu’est-ce qui se passe aujourd’hui ? Une petite fraîcheur venue
d’ailleurs. Ah, ça fait du bien. Dans un monde torturé comme celui-ci, je
vous assure que ça fait du bien à tout le monde hein. Il faut oublier personne
surtout. Je sais bien qu’on a vite fait le tour du nid, mais il faut regarder un
petit peu en dehors du nid aussi hein. Comme quand on va dans l’océan.
Chaque fois que je me retrouve sur un bateau, une barque ou n’importe quoi,
un bout de bois ou n’importe quoi, que je me trouve en mer, et bien toujours
je mets aussi du Mendroup. Vous avez déjà réfléchi que tous les océans
sont réunis. Alors rien que mettre une goutte, un tout petit morceau de
Mendroup dans l’océan, ça fait tout le tour de la planète. Vous avez déjà
réfléchi que par exemple les bateaux récemment qui ont chaviré – Vendée
Globe – dans la course autour du monde, et bien il y a trois bateaux qui ont
vraiment souffert beaucoup, beaucoup, beaucoup, le quatrième qui est mort.
Il y en a un qui est mort et trois qui ont souffert, je vous parlerai peut-être de
ça un jour parce que j’ai un petit peu vu, qui ont souffert tout ce qu’on peut
imaginer, et on dit que dans les latitudes où ils étaient, donc c’est-à-dire au
plein Sud, près du pôle Sud, assez près, et dans une mer qui se trouve au
large de la mer de Tasmanie, de l’Australie, il y a une mer très très

dangereuse parce qu’il n’y a aucune terre pour arrêter les vagues qui ont la
possibilité de faire le tour du monde. Alors regardez comme c’est joli. Il y a
une vague toute petite qui commence à tourner comme ça. Et puis au fur et
à mesure où elle tourne, elle grandit, elle grandit, elle grandit, et dans des
endroits comme ça ils trouvent des vagues de trente à quarante mètres.
Vous imaginez ce que c’est un monstre de trente, quarante mètres de haut.
Vous avez déjà pensé à ça ? Parce que ce sont des trains de vagues déjà
très hauts, qui s’ajoutent à des vagues résiduelles de l’endroit, qui sont
énormes et puis ça fait des vagues gigantesques et monstrueuses. Alors
comme leur bateau dans cette course faisait vingt mètres, quand ils se
trouvaient dans une vague de trente, quarante mètres, vous imaginez le
programme. Ils étaient retournés dans tous les sens. Il y a un de ces braves
êtres qui est resté cinq jours dans son bateau retourné, donc c’est-à-dire
quille en l’air hein, c’était une partie de quille en l’air, il se retrouve la quille en
l’air et le mât vers le bas, dans l’eau pendant cinq jours, le bateau rempli
d’eau, avec le peu d’air qui restait au-dessus du bateau, il avait juste sa
bouche comme ça qui prenait un petit peu d’air. Alors il prenait un tout petit
peu d’air là en-haut, cinq jours et cinq nuits, sans manger, sans bouger, deux
degrés, l’eau avait 2° et dehors 1°. 1° à l’extérieur, 2° l’eau dans le bateau,
dans l’eau pendant cinq jours, nuits et jours et il est ressorti vivant. C’est
incroyable. L’égo c’est comme ça aussi. Il s’accroche hein. C’est pareil. Ça
s’accroche, on s’accroche, on s’accroche à la vie, on s’accroche à l’égo, on
s’accroche à nos Dharmas mondains, ah misérables ! On s’accroche
toujours à tout. Et quand il est sorti, c’est un anglais, quand il est sorti, il a dit
: bonjour, je suis très content de vous voir, il a dit aux sauveteurs australiens
qui sont arrivés avec un hélicoptère et une frégate. Il était très content. Ils
en avaient déjà sauvé un autre d’ailleurs,.une heure avant et le capitaine de
la frégate australienne a dit que c’était le plus beau jour de sa vie, parce que
ça ne lui était jamais arrivé de sauver deux bateaux comme ça, deux
personnes le même jour, dans une mer aussi démontée. Il a dit que c’était le
plus beau jour de sa vie. Je le crois aisément. L’armée australienne. Il a
dit : l’armée on croit toujours que c’est pour tuer, c’est le plus beau jour de
ma vie, parce qu’aujourd’hui on voit que nous sommes peut-être soldats,
mais on a sauvé la vie plutôt que de la prendre. Très agréable à entendre.
Bon j’ai pas du tout envie de partir, de vous laisser là, de vous dire au revoir,
vous vous en rendez compte mais il faudra bien qu’on se quitte quand
même. Je ne sais pas quoi inventer pour rester. Après une histoire de voile
autour du monde, qu’est-ce que je pourrais encore inventer ? Plein de
choses. Les dernières découvertes en matière de dinosaure ou les dernières
découvertes, quelles découvertes, il y a encore quelque chose à découvrir ?
Je crois que la seule chose qu’il faut découvrir, c’est notre coeur le plus
profond, enlever tous les voiles qui le recouvrent et le laisser agir à sa guise,
tranquillement, comme un garuda vole dans le ciel. Le laisser voler à tire

d’ailes son propre chemin. Voilà ce qu’il faut laisser faire. Pourquoi vous
gardez votre coeur emprisonné dans vos voiles. On n’est plus au temps de
la danse des voiles. Non, libérez votre coeur, libérez votre bouddhéité fils et
filles. Vous n’aimez pas la liberté ? Pourquoi vous laisser enfermer alors ?
Peut-être on ne parle pas de la même liberté, c’est ça qui est dommage. En
tout cas la liberté selon Longchenpa c’est très clair, très possible, très
agréable, très joyeux, lumineux, léger, frais comme l’haleine des Dakinis,
fraîcheur. Vous avez déjà senti l’haleine des Dakinis dans votre cou ? Pas
trop quoi. Et bien, c’est très agréable, très agréable. Tellement agréable
qu’on se demande pourquoi on cherche autre chose d’ailleurs. Allez, fils et
filles de noble famille, je vous souhaite d’être en bonne santé et de vivre le
Dharma en utilisant cette bonne santé. Et si vous n’êtes pas en bonne
santé, physiquement, utilisez aussi votre mauvaise santé avec patience, en
l’assumant sans en faire un drame et courir voir tous les docteurs du monde.
Vous êtes votre meilleur docteur. Vous avez dans votre coeur vraiment ce
qui peut vous guérir, alors cessez de crier au secours à droite et à gauche.
Prenez la peine de vous asseoir et de regarder à l’intérieur de vous-mêmes
plutôt que de construire un futur hypothétique et souvent malsain. Voilà mes
conseils du coeur et puisque j’ai fini de donner mes conseils du coeur, je
referme ces boutons.

 

Source

Profil d'un pédocriminel récidiviste

Acteurs hors pair!

Culpabilisation

Humiliation

Dévalorisation par rapport au pervers narcissique

Détournement cognitif (Gaslighting)

Banalisation du mal

La souffrance pour exister

Une perversité morale ou de caractère

Perversions sexuelles

Fascination pour les armes, couteaux, pistolets, mitraillettes, armes de guerres

Un sens exagéré et infondé de son importance et de son talents (mégalomanie) Spatz se prétend l’héritier des Nyingmapa’s devant ses adeptes et prétend que son fils, est la réincarnation de Kangyour Rinpoche, son propre Maître, soit disant à l’origine de la OKC

Une obsession de fantasmes d’influence, de pouvoir, de contrôle sur les autres

La conviction qu’il est spécial et unique

Un besoin d’être admirés de façon inconditionnelle

La conviction de disposer d’un droit sur autrui

L’exploitation des autres pour atteindre ses propres objectifs

Un manque d’empathie radical et total

La convoitise suscitée par des concurrents (Soygal, Trungpa) en terme de grandeur et “réalisations”

L’arrogance et l’omnipotence face aux institutions, démocratie, Justice, Police

Le manipulateur narcissique vous isole de votre entourage

Le manipulateur narcissique est un beau parleur de talent

Le pervers narcissique joue un double jeu (ou plus si il a à sa disposition plus de proies)

Le pervers narcissique est un séducteur hors pair

Un pervers narcissique a toujours raison (encore plus si il est hypocondriaque)

La souffrance de l’autre, quelle soit physique ou morale, est envisager comme une jouissance extrême pour le manipulateur/la manipulatrice. Maintenant l’autre dans un état de dépendance (substance toxique/ harcèlement moral/ argent), et de doute.

Robert Spatz est criminel qui met ses victimes dans des situations d’exploitation sexuelle sous le couvert “d’initiation” gardée par Le Secret du Samaya qu’il impose à ses victimes via un silence total et une isolation complète du monde extérieur.

C’est un individu qui utilise la souffrance générée par les pratiques sexuelles qui peuvent aller jusqu’au BDSM, qu’il impose à ses victimes qu’il utilise au coeur de l’acte en lui même, comme une source de jouissance, une source d’énergie et de longue vie.

les victimes de Spatz dans la OKC n’était pas toutes mineurs d’âge, il y a tout un pan mal connu de sa perversion qui s’est exercé de fait sur des adeptes sous son emprise.

Robert Spatz est hypocondriaque, c’est un pédocriminel marqué par l’arrivée du SIDA dans sa génération qui a provoqué chez lui l’utilisation de victimes mineurs au sein de sa secte pour assouvir ses pulsions pédocriminelles.

Empreinte vocale

Table des Matières

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